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Le poids matériel de l’immatériel, plaidoyer pour une industrie numérique responsable

26.02.2021
par Andrea Tarantini

Le numérique consomme 10% de l’électricité mondiale et rejette 4% des émissions de gaz à effet de serre, soit l’équivalent du trafic aérien mondial. D’ici 2025, si on ne change rien, ces indicateurs devraient doubler, voire tripler. 

Le numérique ne dématérialise pas l’économie. Néanmoins, la quantité de données produites, stockées et échangées par nos usages et la multiplication des outils numériques fréquemment renouvelés font exploser notre consommation d’énergie et notre empreinte environnementale.

Les ressources de notre planète sont limitées et ne peuvent pas soutenir une consommation illimitée. Alors comment continuer à profiter des avantages des services numériques tout en préservant notre planète? Comment rendre nos comportements numériques compatibles avec les impératifs climatiques?

Vers un modèle d’affaires résilient pour les TIC 

D’ailleurs, les engagements individuels ne sont pas suffisants pour avoir un effet critique, une régulation est nécessaire. Une solution fonctionnelle serait un changement de modèle d’affaires de l’industrie des télécommunications et de l’information. On lance ici l’idée, afin qu’un débat s’ouvre et que l’on trouve des solutions équilibrées.

Les politiques de prix mises en place par les opérateurs télécoms, où seule la vitesse des communications détermine le prix, crée le sentiment irréel que nous vivons dans un monde infini. Encouragé par les GAFAM, ce modèle d’affaires conduit alors vers une consommation délétère de données. Il met également en danger les opérateurs télécoms. Ainsi, sans régulation saine de la ressource, nous assistons à une folle course en avant.

Tout comme l’eau, l’information est un bien essentiel. Une utilisation intelligente de l’or bleu est permise par un modèle d’usage où sa consommation influence le prix payé par l’utilisateur final. D’ailleurs, personne ne remet en cause l’utilité du robinet. A terme, le transport d’information, qu’il soit mobile ou fixe, devra s’équiper de son propre robinet afin de favoriser des usages raisonnés.

Anticiper une évolution inévitable et profiter de ses avantages 

Une première piste serait d’adopter une facturation à la consommation. La Suisse pourrait, avant les autres, se préparer à gérer plus intelligemment l’inévitable allocation saine de ressources limitées. Une mise en place graduelle permettrait à l’industrie et aux consommateurs de s’adapter en souplesse.

Au-delà de la diminution de l’impact environnemental du numérique, ce passage d’un modèle «illimité» à un modèle «d’usage» adresse les autres problématiques liées à notre surconsommation numérique: mitigation de l’addiction aux écrans, régulation de l’emprise des géants du digital, limitation de l’effet rebond lié à l’augmentation de la bande passante, ou disparition du «spam» devenu trop onéreux.

Texte alp ict, Pascal Eichenberger – Président, Delphine Seitiée – Secrétaire générale, Sandrine Barrucand – Responsable communication et événement.

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