Prendre le temps de faire le point sur nos forces, d’affirmer qui nous sommes, de définir la direction que nous voulons prendre et de clarifier ce que nous ne souhaitons pas faire, telles sont des étapes essentielles qui ouvrent la voie du succès. Nathalie Brodard les a suivies. Aujourd’hui à la tête de deux sociétés, elle revient dans cette interview sur les grandes étapes de son parcours et nous partage quelques pistes pour réussir.
Nathalie Brodard, comment définissez-vous le succès aujourd’hui, sur le plan professionnel et personnel ?
Pour moi, le succès professionnel ne se résume ni aux titres, ni au salaire, ni à la visibilité. Il repose sur un seul critère : l’alignement réel entre qui je suis, ce que je défends et ce que je fais chaque jour. C’est cette cohérence brute entre nos intentions, nos actions et l’empreinte qu’on laisse surtout quand personne ne regarde.
Sur le plan personnel, il s’agit de fidélité à soi-même, de cette capacité à rester vraie, à se souvenir d’où l’on vient et à avancer sans se trahir. C’est finalement vivre une vie qui fait sens, avec de la joie, de la passion, de l’énergie et cette liberté d’esprit qui, pour moi, incarne la véritable réussite.
Votre vision du succès a-t-elle évolué depuis vos débuts en tant qu’entrepreneure ?
Au départ, j’associais ma réussite au bon fonctionnement de mon entreprise. Réussir, c’était pouvoir me verser un premier salaire, embaucher de nouvelles personnes, perdurer plusieurs années, avoir de la reconnaissance. Aujourd’hui, je repose mon succès sur d’autres questions : Comment puis-je faire la différence ? Que transmettre ? Comment inspirer les autres ?
Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
J’ai débuté ma carrière dans un cabinet de recrutement, avant de travailler plusieurs années dans les ressources humaines au sein d’une banque américaine à Genève. Je suis ensuite partie à Londres, avant de revenir travailler en Suisse, toujours dans le même secteur.
J’ai fondé deux entreprises, Brodard Executive Search en 2009 et Brodiance en 2014. La première est spécialisée dans le recrutement de cadres dans le domaine tertiaire, tandis que la deuxième est une société de conseils dans l’accompagnement au changement pour les entreprises et les individus. J’ai également créé une association à but non lucratif en 2019, Hire Me I’m Fabulous. Notre objectif est d’aider les personnes au chômage à croire en elles et à retrouver un emploi.
Quels défis spécifiques avez-vous rencontrés dans le monde entrepreneurial, et comment les avez-vous transformés en opportunités de réussite ?
Être une femme dans un monde très masculin n’a pas toujours été facile. J’ai dû apprendre les différents codes et fournir deux fois plus d’efforts pour prouver que j’avais ma place. Il a aussi fallu m’imposer dans un secteur fortement concurrentiel, où de nombreux cabinets de recrutement étaient déjà bien installés. Réussir à concilier vie de famille et vie professionnelle a aussi présenté son lot de difficultés. Quand j’ai monté ma première société, mes enfants étaient très jeunes. Je me suis parfois sentie coupable de ne pas être présente pour eux.

© Valentin Flauraud
Si les débuts n’ont pas été évidents, le plus grand défi reste celui de tenir dans la durée. Il faut pouvoir garder le cap dans un environnement en constante évolution. J’ai ainsi dû revoir certaines de mes façons de penser. J’ai surtout appris à mettre mon ego de côté et à comprendre que, parfois, on peut accomplir bien plus avec moins.
Quelles transformations majeures observez-vous actuellement sur le marché du travail ?
Le développement de l’intelligence artificielle est un sujet très actuel. Si certaines personnes sont enthousiastes quant aux opportunités qu’elle présente, d’autres ont peur qu’elle leur vole leur travail. Au niveau du marché du travail, la flexibilité est devenue un enjeu majeur pour les employés, surtout depuis la pandémie de Covid-19. Les entreprises ont compris qu’il s’agit d’un point important dans les négociations avec les candidats. Enfin, on assiste également à une dichotomie entre les attentes et la réalité sur le marché : on parle de pénurie de main d’œuvre, mais dans le même temps, de nombreuses personnes sont au chômage.
Selon vous, quelles compétences ou qualités seront les plus déterminantes pour réussir professionnellement dans les prochaines années ?
L’agilité est une compétence essentielle aujourd’hui. Il faut en effet être capable de s’adapter rapidement aux avancées technologiques. Il est également indispensable de rester ouvert aux nouveautés, de continuer à se former tout au long de sa carrière, de se remettre en question et de se montrer résilient. J’ajouterais enfin que des qualités personnelles telles que la détermination et le courage sont cruciales, car il faut oser se lancer et savoir prendre des décisions dans des moments d’incertitude.
Quel conseil donneriez-vous à une jeune femme qui démarre et qui aspire à réussir sans renoncer à ses valeurs ?
Ose ! Parfois, on attend que tout soit parfait, mais ça ne l’est jamais. Il faut avancer, essayer, prendre du plaisir dans ce que l’on fait, et si l’on se trompe, ce n’est pas grave. Il n’est jamais trop tard pour recommencer. Les femmes ont tendance à vouloir rester discrètes. Au contraire, il faut que l’on puisse vous voir ! C’est en faisant que nous inspirons d’autres femmes à nous suivre. J’ai beaucoup travaillé pour arriver où j’en suis, mais je l’ai fait. Mon parcours est la preuve que c’est possible d’y arriver. Enfin, je conseillerais à tout un chacun de s’entourer de mentors de confiance qui donnent leurs avis honnêtement, et d’être capable d’accepter leurs retours.
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