Éditoriaux

La gestion d’actifs: un secteur clé pour la durabilité et la sécurité de nos retraites

11.09.2021
par Andrea Tarantini

L’année prochaine, ma mère réalisera un rêve qu’elle attend depuis longtemps: traverser l’ouest américain pour la première fois de sa vie. Ce rêve n’est pas sans frais, elle puise dans sa tirelire pour le réaliser. Au cours de sa vie professionnelle, elle a non seulement régulièrement mis de l’argent de côté – notamment par le biais de versements à la caisse de pension – mais a également investi de manière rentable dans des fonds de placement, y compris dans le troisième pilier. Derrière tout cela se cachent les produits et services d’investissement du secteur de la gestion d’actifs. 

En Suisse, pratiquement tous les ménages utilisent les services de gestion d’actifs. Les gens confient leurs économies à notre secteur, souvent sous forme d’avoirs de retraite des deuxième et troisième piliers. La gestion d’actifs, telle que pratiquée par les compagnies d’assurance, banques ou fonds de pension, agit typiquement au nom d’un grand nombre de personnes et investit l’argent collectivement pour leur compte, que ce soit dans des fonds de placement ou dans des fonds de pension. Il s’agit d’une contribution importante qui implique une très grande responsabilité pour la société. 

Pour que le secteur de la gestion d’actifs puisse pleinement assumer cette responsabilité, il est nécessaire de disposer de conditions-cadres optimales. Cette nécessité se manifeste, par exemple, dans le débat actuel sur la sécurité à long terme des fonds de pension. La situation initiale est difficile: nous évoluons dans un environnement où les taux d’intérêt sont historiquement bas. Dans le même temps, l’évolution démographique rend plus difficile la performance à long terme des fonds de placement. Lors des discussions sur la sécurité des retraites, l’accent est souvent mis sur les prestations promises. Les paramètres bien connus sont l’âge de la retraite, les cotisations des employeurs et des employés, et les taux de conversion. 

Ce que l’on oublie, c’est le rôle important que les revenus d’investissement et les gains en capital peuvent jouer. Le «troisième cotisant» – c’est-à-dire les bénéfices financiers obtenus par la gestion d’actifs – a contribué, en plus des cotisations des employeurs (premier cotisant) et des salariés (deuxième cotisant), à environ 40% de la croissance de la fortune totale du deuxième pilier depuis l’introduction de la prévoyance professionnelle en 1985. Sans ce secteur hautement spécialisé, son expérience et son expertise, la situation de nos fonds de pension serait très différente aujourd’hui. 

Le grand défi de notre époque est l’urgence climatique et la manière d’y répondre. 

Outre la garantie de la prévoyance vieillesse, le grand défi de notre époque est l’urgence climatique et la manière d’y répondre. Le secteur de la gestion d’actifs y joue un rôle clé, car c’est lui qui décide en dernier ressort et à grande échelle, dans quelles entreprises, quels secteurs et quels projets l’argent des investisseurs est placé. Cette responsabilité va de pair avec une expertise accrue et nécessaire du secteur de la gestion d’actifs sur la thématique de la durabilité. 

En Suisse, cette expertise s’est considérablement développée en Suisse romande et en son centre financier Genève, aujourd’hui devenu un pôle essentiel de la gestion d’actifs au niveau mondial. L’Asset Management Association Switzerland (AMAS), l’association professionnelle du secteur de la gestion d’actifs, historiquement basée à Bâle, l’a bien compris: nous sommes présents à Genève depuis le premier juillet et nous nous réjouissons d’un échange fructueux avec nos membres, les représentants politiques et la population.

Texte co-écrit par Adrian Schatzmann, Directeur Général de l’Asset Management Association Switzerland et Aurélia Fäh, Experte Finance Durable, Asset Management Association Switzerland 

 

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