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Les ONG: aiguillons et alliées des entreprises

30.09.2020
par Andrea Tarantini

Les unes recherchent parts de marché et rentabilité. Les autres défendent les populations vulnérables et la nature. Si les entreprises et les ONG ne poursuivent pas le même objectif, elles sont pourtant régulièrement amenées à se rencontrer.

Les ONG militent actuellement pour un renforcement du cadre réglementaire avec l’Initiative pour des multinationales responsables. Conscientes des limites du pouvoir des États dans une économie mondialisée, elles s’efforcent aussi de faire pression sur les entreprises afin que celles-ci améliorent leurs impacts sociaux et environnementaux. Ainsi, en Suisse, on connaît bien les campagnes de Public Eye interpellant les sociétés des secteurs pharmaceutique, extractif, alimentaire, textile, ou bancaire.

Au-delà des actions médiatiques, les ONG mènent aussi un dialogue avec le secteur privé pour l’amener à plus de responsabilité. Le dialogue peut déboucher sur des partenariats associant spécialistes de l’environnement et des droits humains et entreprises multinationales. Le WWF a ainsi contribué au développement du label RSPO pour une huile de palme durable. Les ONG sont également à l’origine de nombreux labels de commerce équitable.

Récemment, compagnies minières et ONG se sont réunies pour améliorer le sort des personnes actives dans les mines artisanales de cobalt en République Démocratique du Congo, une ressource essentielle aux batteries de nos smartphones et voitures électriques.

Certains partenariats sont principalement orientés vers le financement des organisations non gouvernementales. Les entreprises ont de l’argent et besoin d’une bonne réputation; les ONG ont une bonne réputation et besoin d’argent: il y a matière à s’entendre! Le CICR l’a bien compris. Il s’est doté d’un groupe de soutien composé de grands noms de l’industrie, de la pharma et des banques.

Expertise en responsabilité sociale d’entreprise

Au fil du temps, une importante expertise en responsabilité sociale d’entreprise s’est accumulée au sein des ONG. Certaines s’appuient sur cette expertise pour publier des classements qui nomment les bons et les mauvais élèves. Il s’agit de dispositifs efficaces, car les entreprises sont par nature des êtres compétitifs et sensibles à la comparaison. En Grande Bretagne, par exemple, Oxfam a réussi à obtenir des avancées significatives de multinationales agro-alimentaires grâce à son ranking Behind the Brands.

Pour les agences spécialisées dans la notation ESG, les ONG et leurs modes d’action constituent une précieuse source d’information permettant d’évaluer les impacts positifs et négatifs des entreprises.

Texte Antoine Mach, Associé gérant Covalence SA

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